Quand l’élevage urbain d’insectes vient au secours du réchauffement climatique

Parler d’agriculture urbaine, c’est s’interroger sur notre alimentation et notre capacité à nous alimenter auprès de fermes de proximité. Dans notre région, qui dit ferme urbaine pense immédiatement aux légumes, puis dans un second temps aux fruits mais saviez-vous qu’il est également possible d’envisager des solutions locales pour nos apports en protéines ? C’est là que les insectes trouvent toute leur place !

 

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Que je vous explique au travers de l’exemple de Minus Farm, sur Marcq en Baroeul qui, avec une simple surface de 10m2, arrive à « produire » suffisamment de protéines (à partir d’insectes) pour l’équivalent d’une famille de 4 personnes.

Qui sont ces insectes ?

Grillons, ténébrions et criquets sont élevés et nourris dans cette ferme du 21ème siècle. Les insectes sont alimentés en partie avec du son d’épeautre, en provenance de la région. Le son est un coproduit constitué par l’enveloppe du caryopse, séparée de l’amande des céréales. Lors de la mouture des céréales, le son fait partie des résidus obtenus après séparation de la farine par tamisage. Des fruits sont également donnés aux insectes, à partir des invendus de la biocoop du coin et enfin, des bambous du jardin viennent régaler les criquets.

 

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Avec une telle alimentation, locale et saine, nos insectes sont bons à être dégustés…. Et là, vous risquez de tiquer en pensant que c’est curieux de manger des insectes. Et pourtant, de nombreuses populations à travers le monde ont recours aux insectes pour leurs apports en protéines. Et quand on y regarde de plus près, l’impact écologique plaide en la faveur des insectes !

 

La métropole Européenne de Lille facilement autosuffisante en protéines !

Finie la déforestation au Brésil pour produire en masse du soja qui viendra alimenter notre bétail, finies les flatulences des bovins qui contribuent également au réchauffement climatique, finies ces quantités folles d’eau nécessaire à l’élevage du bétail…..maintenant, on passe au « tout local ». En faisant un petit calcul, sur la base d’une population de plus de 1,1 millions d’habitants sur la métropole, il nous faudrait une surface de près de 400 hectares pour produire, grâce aux insectes, tout ce dont nous avons besoin d’un point de vue protéines.

 

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400 hectares, c’est rien à l’échelle d’une métropole. Dans le cas de Lille, ce serait 0,7% du territoire de la métropole que nous devrions consacrer à l’élevage d’insectes. Et si nous étions vraiment malins, nous pourrions envisager, comme l’a pensé un moment la ville de Stockholm, d’utiliser des grands ronds points pour les transformer en fermes d’insectes destinés à l’alimentation !

 

Tout cela peut paraitre utopique mais pourtant, voilà sous nos yeux, grâce à Minus farm, des vraies solutions locales qui peuvent réduire fortement notre empreinte environnementale et puis, si vous hésitez à gouter un jour aux insectes, pour avoir essayé, je peux vous garantir que c’est plutôt bon !

D’ailleurs, pour noël, c’est une idée de cadeau originale, non ? ça se passe ici et c’est de l’ultra local! Bonne découverte 😉