Valoriser, Encourager et Inciter les citoyens à s'engager dans des programmes d'agriculture en ville déjà existants ou à inventer !

Mois : mars 2025

Rencontre conviviale  dans le cadre des 10 ans des 48h de l’agriculture en ville 

Anita Villers

Samuel Leuchter-Genin

Dans le cadre des 10 ans des 48h de l’agriculture en ville dont l’édition 2025 se tiendra du 16 au 18 mai, nous avons l’opportunité de donner à cet événement européen une dimension collective que nous aimerions évoquer avec vous.

Chaque année à l’occasion des 48h de l’agriculture urbaine, de nombreuses animations et ateliers sont préparés par un nombre croissant de fermes et de jardins. Si leur fréquentation est à la hauteur pour la plupart grâce aux services de proximité qu’ils assurent, ces mêmes fermes et jardins sont régulièrement menacés par les choix d’artificialisation et de transformation du territoire.

Et si nous en profitions pour réfléchir à une nouvelle étape de ce récit, avec toute la diversité des jardins partagés, ouvriers, fermes urbaines participatives et professionnelles, en faisant de cet événement un moment de plaidoyer collectif et joyeux.

Nous vous présenterons le manifeste qui est en cours d’élaboration par l’Association Française d’Agriculture Urbaine Professionnelle (AFAUP) pour évoquer le devenir de ces précieux lieux nourriciers ayant presque tous les mêmes difficultés à surmonter à savoir :

  • Précarité des terres prêtées face aux appétits immobiliers ;
  • Qualité des sols ;
  • Moyens financiers pour permettre aussi le maintien des ateliers et rencontres qui tissent des liens entre générations à travers tous les territoires concernés.

Puis nous aborderons les solutions concrètes à notre disposition pour relier ces pro-jets de territoire et l’accès de chacun à des espaces de nature vers une alimentation choisie et de qualité :

  • Et si nous imaginions de petits banquets populaires, dans chaque jardin et dans chaque espace collectif de nature en ville, comme un premier moment collectif dédié à la rencontre autour de ce plaidoyer commun ?

Nous vous proposons une rencontre conviviale et délicieuse, pour évoquer cette orientation et réfléchir à la portée d’une parole collective autour de la nécessité de donner une place aux fermes et jardins sur le territoire métropolitain.

Jeudi 17 avril 2025 de 12h à 15h

pour déjeuner ensemble à prix libre à la Marmite de El’Cagette, entrée 78 rue Descartes,

entrée par la Rue Salomon de Caus, 59100 Roubaix

Nous sommes impatient-e-s de vous rencontrer pour évoquer les premiers jalons d’un projet positif d’ampleur nationale, traduit à en ce qui nous concerne pour le voir naître avec nos réalités et ressources sur le territoire métropolitain. 

Merci de vous inscrire à l’aide du formulaire ci-dessous avant le 14 avril.

Rencontre à El’Cagette Roubaix pour préparer les 48h de l’agriculture en ville édition 2025


L’ensemble des convives a été accueilli autour d’une grande table installée dans la cour de l’espace « El’Cagette » sous un soleil magnifique, un atout particulièrement apprécié pour ce moment de convivialité très agréable.

Anne, fondatrice d’El’Cagette avec un collectif citoyen en 2016, souhaitait promouvoir avec quelques familles un groupement d’achats dédié à la création d’une épicerie bio offrant à prix très accessible des produits issus de productions locales. Ce projet s’appuyait sur l’engagement de bénévoles mais aussi sur l’embauche de quelques salariés selon les ressources générées par le magasin.

Objectif : « nourrir l’humain, tisser des liens »

Après quelques déménagements et finalement grâce à l’engagement de soutiens financiers émanant d’habitants de Roubaix modestes mais convaincus par le concept, le lieu actuel a pu être acheté : il s’agit d’une école désaffectée, vaste espace pouvant accueillir une épicerie précieuse au sein de ce quartier, situé 78 rue Descartes, offrant une large variété de légumes, fruits, denrées diverses. L’étage permet d’accueillir divers ateliers et notamment ceux très prisés de couture par exemple avec les bénévoles et d’héberger des associations (le collectif culturel Détournoyment) et des entreprises (VEBO pour des vélos électrifiés à moindre coût).

L’ancienne cantine de l’école, baptisée La Marmite est devenue une cantine de quartier hebdomadaire à prix libre. Tout le monde peut venir y cuisiner à 9h30 le mardi et rester déjeuner. L’objectif est d’ouvrir un second jour dans la semaine, le jeudi !

L’espace disponible de l’ancienne cour d’école a donné envie à Arnaud, récent résident à Roubaix d’y créer des jardins hors sols : actuellement, fabriquées par les uns et les autres, 17 caisses hors sol ont été remplies de terre fertile offerte par Pierre, président entre autres activités, des jardins familiaux de Leers, commune proche de Roubaix. Expert en fabrication de compost, la première récolte a donné envie aux jardiniers occasionnels de s’approprier une caisse ou de participer à l’entretien des unes et des autres selon les semis, plantations et entretien !

Fanny, travaillant dans le domaine de l’audiovisuel a déjà réalisé des reportages mettant en valeur les divers participants jardiniers. Elle aime aussi venir s’occuper des divers jardins hors-sols.

Les projets ne manquent pas ! Il est question de récupérer de l’eau de pluie, de tendre des câbles pour que viennent s’y accrocher plantes grimpantes et végétaliser au maximum l’espace.

Une magnifique fresque colorée orne le mur d’enceinte de la cour.

Deux objectifs pour la rencontre du 17 avril 2025 — Accentuer notre mission de « facilitateurs de liens » au sein de notre réseau informel de porteurs de projets d’agriculture en ville.

Le tour de table de présentation de chacun des convives a en effet permis de retrouver nos fidèles participants (Jardin du Trichon, Nattes vertes, Tinctoriales..) mais aussi de faire connaissance avec de nouvelles personnes (Manuela du jardin Grand Angle où nous connaissions Jérémy Pira – elle est aussi membre du jardin de Chlorophylle) d’où de nouvelles suites aux portraits de jardins déjà évoqués mais aussi de nouveaux portraits en projet notamment pour les jardins partagés du grand cerf à Ronchin : nous n’allons pas tarder à prendre rendez-vous avec Martine Dorange pour découvrir les 12 mandalas du verger municipal dont elle a parlé et bien d’autres espaces riches en biodiversité à en juger par les magnifiques photos du rapport d’activités 2024 !

— Évoquer une initiative qui prend forme au niveau national avec l’Association Française d’Agriculture Urbaine Professionnelle (AFAUP) et quelques porteurs de projets au sein de la MEL mais ailleurs aussi à savoir valoriser le rôle de grandes tables conviviales ! Lors de la prochaine rencontre 48h de l’agriculture en ville, événement annuel national seront évoquées les difficultés que rencontrent bon nombre de gérants de jardins partagés, familiaux… et autres petites structures qui ne peuvent donner leur pleine mesure dans les activités qu’elles voudraient valoriser, démultiplier mais trop souvent contraintes par manque de moyens financiers et surtout de perspectives à moyen terme car toujours soumises à la constitution de dossiers pour prolonger leurs statuts !

Un plaidoyer est en cours d’écriture et sera présenté à la session 2025 des 16-17-18 mai. L’idée est de rassembler un maximum de témoignages des difficultés rencontrées pour en faire un manifeste national avec une large médiatisation pour tenter de modifier les contraintes et blocages qui finissent par anéantir les meilleures intentions ! 2026 « faire ensemble, en même temps » : l’idée est d’organiser un immense banquet pendant les 48h dans tous les jardins partenaires de l’événement !

Pour suivre l’édition 2025 des 48h de l’agriculture urbaine, rendez-vous sur : https://www.les48h.com/

Une montée en puissance de l’agriculture en ville encore trop précaire à pérenniser ! Quel avenir pour la ferme urbaine du Trichon à Roubaix ?

Il s’agit de pouvoir exploiter les 6300m2 situés au-delà du parking transformé en espaces jardinés hors-sol face à la Baraka et qui, en été, servent de terrasse très agréable au restaurant et où ont lieu aussi animations et rencontres.

Le terrain de 6300 m2 a été en partie occupé un certain temps par des Roms qui ont brûlé des fils électriques pour récupérer le cuivre, occasionnant, de ce fait, une pollution aux métaux lourds et hydrocarbures sur de larges zones. La MEL, propriétaire du terrain, l’avait mis en concession à la Société Mixte Ville renouvelée pour sa vente en vue d’un projet immobilier.

A la fin de la concession, le terrain n’a pas été vendu, en partie grâce au mur d’enceinte de l’ancienne usine, gardé pour son intérêt au patrimoine industriel. La Métropole Européenne de Lille – MEL- s’est alors intéressée au projet de ferme urbaine porté par le collectif des paysans urbains du Trichon et a consenti à une convention d’occupation temporaire par l’association et un financement par un marché de recherche et développement (R&D) pour y reconstituer un sol vivant en vue d’y installer une ferme maraichère en auto-récolte.

Cette recherche a été menée avec l’université de Lille, de la côte d’opale et un bureau d’étude. Divers essais de cultures sur sols aux constitutions différentes dont une polluée ont été menés pendant trois années. A la fin du marché, le modèle économique de ferme en auto-récolte a été revu à partir des constats suivants : Sur les 6300 m2, seuls 3000 m2 représentent une surface agricole utile, l’offre d’abonnement à l’auto-récolte n’a pas été suffisamment attractive pour les habitant·e·s du quartier, le travail de reconstitution d’un sol est un travail au temps long et 3 ans ne suffisent pas. Enfin le renouvellement de la convention d’occupation temporaire à fin 2025 est incertain.

Les membres du collectif des paysans urbains du Trichon portent un nouveau projet sachant qu’il reste aléatoire malgré la ténacité et l’engagement permanent qu’ils vont devoir déployer pour réussir à le concrétiser. Un maraîcher va être embauché pour effectuer 21h par semaine et pratiquer un maraîchage bio intensif sur environ 3000 m2 pour une production revendue, en partie, à Baraka puisque le label Ecocert a été obtenu. Le reste, (environ 1200m2) est dédié à une forêt comestible créée et entretenue par les adhérent.e.s de l’association.

Juliette Lamy, salariée du collectif, poursuit les animations qui valorisent les liens avec les habitants du quartier, les centres sociaux, les écoles : deux éléments très importants dans le cadre de la transition des villes durables mais qui, ne bénéficiant pas de subventions suffisantes, reposent sur un dévouement bénévole remarquable. Des incertitudes menacent encore ce projet qui pourrait pourtant s’avérer exemplaire s’il bénéficiait de soutiens pour l’installation de serres sur le terrain afin d’assurer une production sur une plus large partie de l’année afin de fidéliser une clientèle et obtenir des marchés publics pour fournir quelques cantines scolaires par exemple. La MEL a déposé un dossier européen dit HUMUS qui pourrait enfin apporter une note d’optimisme et permettre de poursuivre au-delà du mois de juin. 

https://fermeurbainedutrichon.fr/a-la-une/la-nouvelle-charte-du-trichon-est-signee

https://www.facebook.com/FermeUrbaineTrichon/?locale=fr_FR

Juliette L.