Valoriser, Encourager et Inciter les citoyens à s'engager dans des programmes d'agriculture en ville déjà existants ou à inventer !

Mois : mai 2023

La fabrique de l’emploi à Loos

L’équipe de jardiniers regroupe en tout 15 personnes réparties sur toutes les activités du maraîchage de la fabrique de l’emploi.. Thomas en CDI depuis 5 ans a travaillé au jardin de l’espoir supprimé maintenant et a pour mission avec Jean-François et Mohamed de donner vie à ce nouvel espace de 4000 m2 à l’abandon depuis plusieurs années qui vient de leur être attribué par la ville de Loos dans cet autre secteur du quartier des Oliveaux, proche du parc naturel et d’un nouveau lotissement. Il a fallu enlever beaucoup de gravats avant de pouvoir investir les lieux pour commencer à les préparer à devenir des zones de productions maraîchères. « Repartir de zéro comme nous l’avions fait au jardin de l’espoir… notre projet c’est d’alimenter le quartier avec des prix bas pour les gens qui n’ont pas moyens du bio. »

Serres, outils, bacs de récupération d’eau de pluie ont été apportés sur ce nouveau lieu : il est même question d’apporter une partie de la terre redevenue peu à peu fertile grâce à la démarche de permaculture pour améliorer l’état des sols par autorégulation des écosystèmes qui se développent peu à peu en jouant sur les complémentarités naturelles propices au retour de la biodiversité.

« De la graine à la récolte » consiste à semer à partir de graines de variétés majoritairement locales puis préparer les plants sous serre avant de les mettre en terre : ce sont plus de 700 plants de tomates qui seront concernés très prochainement. Oignons, fraises sont déjà en terre quant à eux. Des ruches ont été disposées dans un espace où les premières graminées en fleurs leur permettent de butiner et où il est prévu de semer d’autres variétés mellifères. Quelques arbres fruitiers ont été plantés sur la partie centrale, là où se trouvent les anciennes carrières d’extraction de pierres (catiches) : un espace fragile où des effondrements peuvent survenir.

Sous peu seront installés les étals où une partie des récoltes seront vendues aux riverains sans doute une fois par semaine. L’essentiel est vendu sur le marché local : Thomas rêve d’un vélo triporteur pour assurer les livraisons aux restaurateurs proches de plus en plus séduits par la qualité des légumes produits. « Le bouche à oreilles fonctionne bien ». Étals, futur cabanon d’accueil, petit mobilier de jardin pour espaces de convivialité, tout sera réalisé à partir de bois et matériaux de récupération par les employés des autres structures de la fabrique de l’emploi, notamment l’important atelier menuiserie. Viendront sans doute ensuite l’installation de gouttières le long des serres pour récupérer le maximum d’eau de pluie. Pour le moment l’essentiel de l’apport en eau se fait à partir du réseau d’eau de la ville à partir d’une borne de prélèvement située en bordure du jardin.

La fabrique de l’emploi permet aux futurs jardiniers de suivre des formations avant d’intégrer un site : pour en bénéficier il faut qu’ils soient en recherche d’emploi depuis au moins un an, qu’ils habitent Loos ou les environs immédiats. De même les ventes restent locales et à prix solidaires pour permettre aux personnes en difficulté de se nourrir avec des produits de qualité. Pour assurer salaires et prix modiques, la fabrique de l’emploi propose des prestations à coûts aidés à d’autres structures pour développer des compléments d’activités : par exemple collecter des déchets de cuisine pour fabriquer du compost via la structure Les Alchimistes.

Lorsque le jardin sera opérationnel, des ateliers de sensibilisation, d’échanges de pratiques seront organisés tel le paillage pour économiser l’eau.

« Déconstruire les impacts des publicités liés à l’alimentation proposée en grandes surfaces pour retrouver le plaisir du goût » tel est le défi que Thomas se propose de relever au sein de ce nouvel espace.

Rendez-vous dans un an car nul doute que le jardin aura beaucoup évolué !

La fabrique de l’emploi 5 chemin de Flesquières à Loos

(facebook.com/LaFabriquedelemploi)

Portrait du Jardin de Cocagne de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq

Le Réseau Cocagne est une association à but non lucratif, qui anime depuis plus de trente ans les activités de plus de 100 jardins en France dont quelques-uns en Outremer. D’abord lieux à vocation d’insertion sociale et professionnelle certifiées « Agriculture Biologique », ils sont dédiés à l’accueil des personnes les plus vulnérables, sans discrimination, dans une logique protectrice leur permettant de retrouver un emploi, de produire des légumes de qualité sous forme de paniers à destination en priorité des personnes précaires, gage précieux de l’amélioration de la santé des bénéficiaires. Trois objectifs primordiaux sous-tendent les différentes missions : le droit au travail, le respect du vivant et notamment le sol nourricier et le fait de se nourrir sainement en relocalisant la production, dans un souci de justice sociale.

C’est l’ALEFPA – Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie créée en 1959 et reconnue d’utilité publique depuis 1973 qui soutient financièrement les activités du réseau avec des partenaires publics, associatifs et privés au niveau local et national.

Le jardin de Villeneuve d’Ascq a été créé il y a 12 ans et s’étend sur 4 hectares,  modeste surface au regard des immenses parcelles récemment artificialisées dans ce secteur autrefois agricole et devenu Parc d’activités de la Haute Borne où ont été construits de très nombreux bâtiments dédiés aux activités tertiaires et un large secteur de logements neufs.

Outre les espaces de pleine terre, onze serres facilitent la production maraîchère en toutes saisons. Un immense hangar accueille une chambre froide propice à la conservation momentanée des récoltes avant distribution, un espace cuisine sommaire pour les repas du personnel le midi et la transformation des surplus de légumes en soupe lorsque les récoltes sont abondantes, un large établi propice à la préparation des quelques 600 paniers hebdomadaires de légumes bio distribués en divers lieux répartis sur la métropole lilloise et enfin un petit espace dédié à la vente directe deux jours par semaine ouvert à tous. Des animations sous forme d’ateliers cuisine et de visites pédagogiques sont proposées aux jardiniers, aux adhérents et aux usagers, dans un souci de partage d’informations et de sensibilisation au plaisir du « bien manger ».

Ce sont environ 20 jardiniers hommes et femmes qui sont présents en formation en permanence sur le lieu : les contrats ont une durée de trois mois puis donnent lieu à une évaluation pour une possible reconduction et un nouveau suivi réalisés par trois encadrants auxquels s’ajoutent 5 personnes pour assurer les activités administratives.

Moyennant une adhésion annuelle de 24€ (adhésion hors tarification solidaire), les commandes de paniers se font via internet : le système est très souple : pas de contrainte de régularité d’achat mais un minimum de quatre paniers par achat avec possibilité de modifier le lieu de retrait de la commande si besoin, en prévenant bien sûr. Tous les paniers sont identiques car préparés en fonction de la production de chaque saison. Trois catégories de paniers sont offertes : petit panier 10€ – panier standard 14€ – panier familial 18€ pour uniquement des légumes produits majoritairement sur place – pour varier les offres quelques légumes venus d’autres lieux dans un rayon proche sont proposés tout comme les fruits (les fruits restent bio et s’insèrent dans la démarche équitable mais peuvent parfois provenir d’autres pays) qui sont parfois souhaités par les consommateurs.

Gontran Moreau avec lequel nous avons échangé s’occupe plus particulièrement du volet paniers solidaires qui représente un tiers de l’activité locale. L’objectif national 2023 est de fournir 100 000 paniers solidaires destinés aux personnes en situation de précarité alimentaire dont le coefficient familial est inférieur à 800€ par mois. Ce sont les CCAS, les centres sociaux et aussi l’université de Lille qui établissent les listes des bénéficiaires après signature de conventions avec le jardin. La répartition des frais est la suivante pour un panier de 10€ par exemple : 2€ à payer par le bénéficiaire du panier, 4€ versés par le réseau national Jardins de Cocagne et 4€ par la structure porteuse.

Le Jardin n’a pas pu développer le dispositif paniers solidaires pendant la pandémie, mais après, une nette augmentation de la fréquentation notamment celle des étudiants a été remarquée. Il n’est cependant pas possible de fournir beaucoup plus de paniers qu’actuellement, ceci pour garder la qualité de la production.

Et.. une fois par mois, de 12h30 à 13h30 environ, dans un souci de partage et de convivialité, une très sympathique initiative à laquelle nous ne manquerons pas de participer, est proposée : un repas pris en commun en présence des personnes présentes au jardin, leurs encadrants et le personnel administratif et, selon les places disponibles, adhérents, bénéficiaires de paniers et tout public… ! A bientôt .. !!

facebook.com/jardindecocagne