Agriculture urbaine Métropole Lille

Valoriser, Encourager et Inciter les citoyens à s'engager dans des programmes d'agriculture en ville déjà existants ou à inventer !

Un bel exemple à suivre de jardin partagé en entreprise : « Mons Exempl’air » à Mons-en-Baroeul

Cela se passe à Mons-en-Baroeul, chez AG2r La Mondiale et c’est un projet inspirant qui existe depuis maintenant 2 ans que nous avons le plaisir de vous partager !

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Après l’expertise des terrains et un bilan faune flore qui s’est révélé riche et varié, l’association ma Na.é et plus particulièrement Benoit Deveycx, paysagiste jardinier conseil, met en œuvre le projet dès le printemps 2017.

Pour lui, c’est un réel bonheur de transmettre le respect du vivant, les connaissances qu’il a acquises lors de sa formation en permaculture, susciter le plaisir de suivre la progression des semis tout en respectant les enjeux environnementaux que sont la préservation de la qualité de l’eau, de l’air et du sol bien sûr, mais aussi les enjeux sociaux par les liens tissés entre les participants.

Le jardin partagé de la rue César Franck, attenante au site de l’entreprise est en effet voulu comme expérimental, fondé sur des valeurs de solidarité, de convivialité, de lien et d’acquisition de connaissances en matière de jardinage.

De mi-mars à fin novembre Benoit accueille et accompagne chaque mardi de 11h30 à 14h un nombre variable de salariés impliqués dans la co-construction du projet de jardin partagé « Par Mons et par fleurs ». Les jardiniers inscrits détiennent un jeu de clés qui leur permet d’accéder librement au jardin, notamment pendant la pause déjeuner ou après la journée de travail. Autant d’occasions pour chacun de changer de cadre, pour se détendre mais également pour entretenir, arroser si besoin.

Pour parvenir au plaisir du partage de la récolte, plusieurs étapes sont nécessaires mais par où commencer ? Comment prendre soin du sol  et « faire pousser » ?

La première année a consisté à s’approprier le lieu et y réaliser dès le mois de mai 2017 les premiers travaux de nettoyage, d’élagage. La partie arrière du jardin étant une friche laissée longtemps à l’abandon, des chèvres ont été accueillies pour aider à débroussailler et limiter l’envahissement de la renouée du Japon, et aussi enrichir naturellement le sol très dégradé, tout en préservant la biodiversité.

Au jardin les premier semis et premières plantations ont concerné les herbes aromatiques (ciboulette, basilic, persil…) puis ce fut les tomates, choux frisés, potimarrons, semis de radis… ainsi qu’à titre expérimental des pommes de terre plantées sur carton et paille.

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Les jardiniers ont fabriqué un composteur à partir de palettes, afin de valoriser les déchets organiques du jardin qui deviennent des ressources précieuses pour le potager. L’occasion pour Benoit de réaliser une animation autour du compostage : « le compost : quoi, comment, pourquoi ? »

Outre l’acquisition et l’installation de divers outils et d’une brouette, indispensables au travail et à l’entretien doux du sol, les jardiniers ont réalisé un inventaire des végétaux existants implantés par l’homme ou poussant spontanément et confectionné des étiquettes pour les identifier.

En juin ils ont aménagé le potager en carrés et les buttes de culture enrichies de crottin de cheval et d’une partie des déchets de taille, afin de nourrir et de reconstituer un sol vivant prêt à accueillir la saison suivante les futurs semis et plants de légumes. Des légumes associés à des fleurs diverses sont semés en place ou repiqués au fil des semaines, afin de planifier un étalement des récoltes tout au long de l’année.

Pendant l’été : récolte des premières petites tomates  et du chou frisé.

A l’automne, nouvelles interventions : potager retravaillé – mise en terre de bulbes de fleurs pour le prochain printemps et confection de nichoirs protégés d’huile de lin, pour héberger pendant l’hiver les oiseaux et chauve-souris, précieux auxiliaires des jardiniers.

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Fin janvier brève ré-immersion pour admirer la floraison des crocus et perce neige, ramasser les feuilles mortes et les mettre dans le composteur ou en paillage de sol.

Au printemps les ateliers ont repris leur rythme : remodelage des buttes, transformées en carrés avec bordures en bois de palettes, enlèvement des paillages qui protégeaient les sols, déchiquetage de bois mort pour qu’il contribue plus rapidement  à la fabrication du compost. Des ateliers dédiés aux semis ou à vocation plus théorique complètent les connaissances de chacun. Les variétés cultivées dans les carrés potagers se sont diversifiées : haricots, salades diverses, poireaux, concombres… au gré des envies, sans oublier bien sûr les tomates et pommes de terre déjà testées en 2017.

Adaptés au jardinage écologique, les nouveaux outils acquis peu à peu, facilitent le travail et répondent parfaitement aux besoins de « non travail du sol » de même que de nouvelles approches telles que les techniques de jardinage et d’arrosage et également l’équilibre à trouver entre les prédateurs « gourmands », des récoltes attendues et les techniques douces pour les éloigner.

L’observation et l’analyse attentive de la faune impliquée (limaces, escargots, merles…) permettent d’interagir par des moyens simples non polluants (repiquage de plants plutôt que le semis, associations de plantes, filets…) et d’accepter le partage avec elle !!

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En cette fin de deuxième année les bulbes pour le prochain printemps sont déjà en terre et le jardin sera sans doute encore plus productif compte tenu de la maîtrise acquise et de la régénération du sol, prêt à accueillir de nouvelles variétés de légumes pour former cet écosystème harmonieux « sol-plante ».

Deux évènements ont eu lieu en fin de saison : la visite du jardin par les membres du World Forum avec dégustation de soupe de potimarron ou de compote de pommes du jardin et le forum des associations avec dégustation de kéfir et à nouveau de compote de pommes.

La saison s’est terminée par la confection de boules de graisse accrochées dans les arbres, de nids en branchages de noisetiers pour aider les oiseaux à passer l’hiver et le paillage du sol.

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Pour que l’initiative se pérennise, il est certain qu’une présence régulière des porteurs de projets est indispensable pour l’entretien courant, les semis et plantations et surtout pour l’arrosage dès que le soleil s’intensifie.

Le bilan est jusqu’à présent très positif grâce au soutien de Benoit prévu dans le cadre du partenariat avec ma Na.é, avec l’idée qu’à terme, la gestion se fasse en complète autonomie par les salariés.

Davantage d’information dans les divers services de l’entreprise pourrait susciter de nouvelles vocations pour que le jardin puisse fonctionner durablement avec les jardiniers volontaires. Une liaison piétonne interne entre les parkings et l’arrière du jardin via l’enclos aux chèvres pourrait aussi faciliter l’accès au jardin.

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Benoit poursuit sa mission d’accompagnement. Il s’est beaucoup investi sur le volet concret du rapport au sol et au développement de récoltes variées, avec un retour positif, mais le fait de pouvoir dialoguer et transmettre ses propres acquis est pour lui bien plus précieux, car apprécié de ses interlocuteurs. Convivialité, partage, alerter sur la fragilité des écosystèmes et donner envie d’une nourriture saine, tout simplement : objectif atteint !

Ses projets pour la nouvelle saison sont nombreux : fête des rois au jardin dès janvier pour renouer les contacts voire les amplifier, optimiser la fonction « compost » par l’ajout de nouveaux bacs, installer un récupérateur d’eau pluviale pour optimiser la gestion de l’eau, organiser un troc de graines, animer un atelier taille de rosiers ou d’arbustes, créer davantage d’abondance en testant de nouveaux légumes…

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L’association EDA quant à elle a émis le souhait de pouvoir organiser un moment festif avec tous les porteurs d’initiatives d’agriculture en ville avec lesquels elle est en contact pour concrétiser la mission de « facilitateurs » de liens dans laquelle elle s’est engagée il y a trois ans maintenant.

Ce sera l’occasion d’échanger sur les réussites qui se multiplient et d’évoquer les difficultés rencontrées ici ou là avec l’objectif de trouver ensemble les meilleures solutions pour les surmonter tout en dégustant les dernières productions !

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Rendez-vous au printemps 2019 !

 

Quand l’élevage urbain d’insectes vient au secours du réchauffement climatique

Parler d’agriculture urbaine, c’est s’interroger sur notre alimentation et notre capacité à nous alimenter auprès de fermes de proximité. Dans notre région, qui dit ferme urbaine pense immédiatement aux légumes, puis dans un second temps aux fruits mais saviez-vous qu’il est également possible d’envisager des solutions locales pour nos apports en protéines ? C’est là que les insectes trouvent toute leur place !

 

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Que je vous explique au travers de l’exemple de Minus Farm, sur Marcq en Baroeul qui, avec une simple surface de 10m2, arrive à « produire » suffisamment de protéines (à partir d’insectes) pour l’équivalent d’une famille de 4 personnes.

Qui sont ces insectes ?

Grillons, ténébrions et criquets sont élevés et nourris dans cette ferme du 21ème siècle. Les insectes sont alimentés en partie avec du son d’épeautre, en provenance de la région. Le son est un coproduit constitué par l’enveloppe du caryopse, séparée de l’amande des céréales. Lors de la mouture des céréales, le son fait partie des résidus obtenus après séparation de la farine par tamisage. Des fruits sont également donnés aux insectes, à partir des invendus de la biocoop du coin et enfin, des bambous du jardin viennent régaler les criquets.

 

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Avec une telle alimentation, locale et saine, nos insectes sont bons à être dégustés…. Et là, vous risquez de tiquer en pensant que c’est curieux de manger des insectes. Et pourtant, de nombreuses populations à travers le monde ont recours aux insectes pour leurs apports en protéines. Et quand on y regarde de plus près, l’impact écologique plaide en la faveur des insectes !

 

La métropole Européenne de Lille facilement autosuffisante en protéines !

Finie la déforestation au Brésil pour produire en masse du soja qui viendra alimenter notre bétail, finies les flatulences des bovins qui contribuent également au réchauffement climatique, finies ces quantités folles d’eau nécessaire à l’élevage du bétail…..maintenant, on passe au « tout local ». En faisant un petit calcul, sur la base d’une population de plus de 1,1 millions d’habitants sur la métropole, il nous faudrait une surface de près de 400 hectares pour produire, grâce aux insectes, tout ce dont nous avons besoin d’un point de vue protéines.

 

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400 hectares, c’est rien à l’échelle d’une métropole. Dans le cas de Lille, ce serait 0,7% du territoire de la métropole que nous devrions consacrer à l’élevage d’insectes. Et si nous étions vraiment malins, nous pourrions envisager, comme l’a pensé un moment la ville de Stockholm, d’utiliser des grands ronds points pour les transformer en fermes d’insectes destinés à l’alimentation !

 

Tout cela peut paraitre utopique mais pourtant, voilà sous nos yeux, grâce à Minus farm, des vraies solutions locales qui peuvent réduire fortement notre empreinte environnementale et puis, si vous hésitez à gouter un jour aux insectes, pour avoir essayé, je peux vous garantir que c’est plutôt bon !

D’ailleurs, pour noël, c’est une idée de cadeau originale, non ? ça se passe ici et c’est de l’ultra local! Bonne découverte 😉

La Ferme urbaine du Trichon : un projet innovant en plein coeur de Roubaix

La première chose qui frappe quand on arrive sur le lieu, c’est un sentiment d’espace …. et pourtant, on est bien dans un quartier au coeur de Roubaix !

La Ferme Urbaine du Trichon s’est construite en plusieurs étapes et a devant elle un bel avenir auquel vous pouvez aussi contribuer !

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Tout commence avec la Coopérative Baraka qui ouvre ses portes en 2012. Le bâtiment bioclimatique est en bois et paille, et héberge un restaurant (où l’on mange très bien d’ailleurs ;-)) ainsi que des salles de séminaires. Régulièrement, des rencontres débats sont également organisés dans cet endroit où l’on se sent bien !

En 2015, la Coopérative Baraka signe avec la ville de Roubaix une convention d’occupation transitoire du parking désaffecté qui lui fait face. L’idée est d’installer une petite terrasse commerciale et de lancer un jardin partagé avec le quartier. En 10 mois, une quarantaine d’habitants transforment petit à petit, chaque vendredi, cet ancien parking en ferme urbaine.

 

 

Avec des espaces de jardins partagés entourés de palettes, des toilettes sèches, des bacs à compost ou encore des systèmes de récupération de pluie, on comprend vite ici que l’on est sur un espace faisant appel à l’ingéniosité des habitants/fermiers urbains, dans une démarche de récupération et de ré-emploi de matériaux disponibles .

 

 

Ce qui est intéressant, c’est que la dynamique à l’œuvre sur le jardin partagé donne des idées et des envies collectives. Au delà des 3 000m2 du parking désaffecté, pourquoi ne pas imaginer une ferme urbaine sur les 6 000m2 de la friche contigue et même dans les locaux voisins que l’Université de Lille vient d’abandonner?

C’est là qu’un monde des possibles s’ouvre pour une ferme urbaine particulièrement innovante et véritable laboratoire des solutions de demain !

Pour visualiser l’espace potentiellement disponible voici une vue d’en haut des différents espaces …..y’a de quoi faire, non?

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Vous le voyez, le projet est en pleine élaboration et toutes les bonnes volontés et initiatives sont les bienvenues.

D’ailleurs, profitez de la fête organisée sur le site, ce dimanche 2 juillet, pour échanger avec les fermiers urbains du Trichon et pourquoi pas, venir vous aussi apporter vos idées et votre énergie à ce projet plein d’avenir ! 

Rendez-vous entre 11 et 18 heures, Dimanche 2 juillet, 20 rue de Sébastopol, à Roubaix !

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