Valoriser, Encourager et Inciter les citoyens à s'engager dans des programmes d'agriculture en ville déjà existants ou à inventer !

Catégorie : Jardins

Les jardins partagés du Grand Cerf à Ronchin

Il y a plus de dix ans, un couple de Ronchin séduit par l’expérience née en Angleterre dite « incroyables comestibles » a installé au pied de son immeuble un petit espace avec des plantes aromatiques et un petit panneau « Servez-vous ». Cette initiative a été remarquée par un élu de la commune car elle était appréciée par les habitants et passants et suscitait des contacts et échanges entre eux, un atout appréciable pour retrouver du lien dans le quartier. Il a alors proposé la mise à disposition d’une parcelle de 800 m2 pour y créer des jardins en libre accès.

C’est ainsi qu’est née en 2014 l’association « les jardins partagés du Grand Cerf », reprenant le nom du quartier où se trouvait la parcelle. Une vingtaine de bénévoles ont donné une forme originale à de petits espaces sur une partie de la parcelle : des mandalas, formes circulaires facilitant l’accès aux parties dédiées aux semis et repiquages de légumes divers car rehaussées et entourées d’allées permettant d’intervenir à plusieurs autour et au sein du petit jardin concerné. En 2016, le reste de la parcelle a été façonné grâce à l’aide de chevaux de trait. La première récolte a pu avoir lieu et quelques animations ont pu être proposées aux enfants de l’école maternelle George Sand toute proche. Dès 2017 des plants d’arbres fruitiers ont été achetés par la municipalité et chaque année suivante, ce sont d’autres arbres fruitiers et surtout des centaines de petits fruitiers qui ont été répartis autour des mandalas et sur toute la parcelle.

Très rapidement, la biodiversité au sein de ce vaste espace s’est enrichie et, outre papillons, oiseaux, insectes, c’est jusqu’à 20 espèces d’abeilles sauvages solitaires qui ont pu être observées. Une mare a été creusée lors d’un chantier participatif afin d’optimiser une biodiversité faune-flore complémentaire à celle favorisée par les plantations de fruitiers et de légumes. Le libre accès aux jardins reste de rigueur et n’avait, jusqu’à présent, pas donné lieu à des dégradations ou prélèvements abusifs. Hélas, fin août 2025, la future récolte pommes et poires qui s’annonçait particulièrement abondante a été entièrement volée alors que les fruits n’étaient pas assez mûrs ce qui a suscité une grande émotion au sein des membres de l’association non seulement concernant le vol mais surtout pour le gâchis généré. Espérons que ce soit exceptionnel car, jusqu’à présent, les animations, ateliers, formations ont permis aux usagers de respecter les saisonnalités et de patienter pour optimiser les diverses récoltes : légumes, plantes aromatiques, petits fruits, et ce, sans constat d’abus de cueillette ou de malveillance.

Chaque année, des actions de glanage sont organisées partout sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille où, après les récoltes, les agriculteurs autorisent le ramassage des légumes restés sur les sols ou les fruits non cueillis. C’est ainsi que des confitures sont confectionnées par les bénévoles lorsqu’il y a abondance : c’est souvent le cas pour les prunes. Des cueillettes d’herbes dites sauvages trouvées le long des chemins enrichissent l’herboristerie solidaire, occasion de découvrir les bienfaits de nombre d’entre elles grâce aux connaissances de Cédric, guide nature. Des filets permettent le séchage des plantes récoltées puis de procéder à la fabrication de macérats divers : un site en ligne « incroyables plantes » complète la diffusion d’informations à ce sujet. La grainothèque permet à l’heure des semis des échanges entre jardiniers du quartier mais aussi avec certains venus d’ailleurs, ce qui donne lieu à des rencontres régulières.

Les jardins du Grand Cerf ont bien-sûr la vocation première de développer l’autonomie alimentaire en cultivant des produits sains, sans ajouts d’engrais ou de pesticides avec cette volonté « laissons faire la nature ». Ils ont aussi l’ambition de créer et de pérenniser du lien au sein du quartier en organisant des rencontres sur des thèmes variés et en proposant de nombreux ateliers tout au long de l’année, alliant ainsi souci du bien-être alimentaire et convivialité.

En 2025 ils ont participé aux 48h de l’agriculture urbaine, événement national porté par l’AFAUP – Association Formation Agriculture Urbaine et Professionnelle –, aux journées du patrimoine avec entre autres la confection de chips de pommes offertes par de nombreux partenaires suite au vol de la récolte. En soutien aux bénévoles des jardins du Grand Cerf, c’est à Ronchin cet automne que nous avons programmé notre prochaine traditionnelle « rencontre sympa ». C’est l’occasion de suivre l’actualité du plus grand nombre possible des contacts noués lors de nos « portraits de jardins » et d’échanger de manière conviviale. Martine Dorange

Le blog de l’association : https://lesjardinspartagesdugrandcerf.wordpress.com/ actualites/

L’herboristerie solidaire : https://incroyablesplantes.fr/

Retour au Jardin de Chlorophylle Grande Rue à Roubaix


Le 9 juillet 2025, lors d’une rencontre avec Marie Fiers de l’AFAUP, un rendez-vous a été fixé avec l’actuelle responsable du Jardin de Chlorophylle, situé au 315 Grande Rue à Roubaix. C’était la troisième visite dans ce vaste îlot de verdure d’un hectare. Et, aussitôt passée la grille, cette sensation familière revient : être « ailleurs », en pleine nature, alors que la ville est toute proche.

Manuela Paulo Saraiva, arrivée en janvier 2025, nous a accueillis pour nous faire découvrir ce lieu porté par l’Association Roubaisienne d’Insertion (A.R.I.). L’association prend en charge toute la gestion administrative et financière du jardin : assurances, fournitures pour les ateliers, graines pour les semis, nourriture et équipements pour les animaux. Elle finance également les salaires des trois employées en CDI qui animent les ateliers pédagogiques et assurent les formations destinées aux personnes en insertion, rémunérées dans le cadre de CDDI – Contrats Durée Déterminée Insertion – de 26 h par semaine. L’objectif est d’accompagner, pendant deux ans, des publics éloignés de l’emploi : bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé -AAH-, seniors, etc. et de leur permettre de découvrir un métier, le plus souvent dans le bâtiment ou les espaces verts. Un suivi personnalisé facilite leur insertion, avec la possibilité, à terme, d’être recrutés par un professionnel dans le domaine concerné par le CDDI : entreprises, collectivités ou particuliers pour de petites missions. Le terrain appartient à la Ville, qui verse à Manuela une subvention pour l’entretien.

La vocation première du jardin reste inchangée : être ouvert aux habitants du quartier et de toute la Métropole lilloise, cultiver des légumes, recréer du lien social et proposer des animations aux familles.

Une responsable au profil singulier. Avant de prendre la direction du jardin, Manuela a exercé plusieurs années comme manager. Passionnée de faune et de flore, elle a choisi de suivre une formation spécifique pour acquérir les compétences nécessaires à ce métier qu’elle exerce aujourd’hui avec enthousiasme.

Les animations s’adressent à tous les publics : bébés et jeunes enfants des crèches, élèves des écoles, adultes, seniors des CCAS et résidents d’EHPAD. Elles varient selon l’âge des participants et sont proposées à tarifs modérés. L’été, le jardin accueille gratuitement les enfants des centres de loisirs et les habitants qui ne partent pas en vacances.

Des ateliers variés et créatifs — Atelier bois : fabrication de nichoirs ou d’hôtels à insectes. — Atelier argile : modelage de figurines et petits objets. — Atelier pain : les graines incorporées sont broyées sur place ; la cuisson se fait dans un four en argile reconstruit régulièrement. — Atelier cuisine : transformation des récoltes du potager en plats de saison ; les participants repartent avec leurs créations (tartes sucrées ou salées). — Maraîchage : préparation des plants en serre pour les ateliers. — Soins aux animaux : poules, canards, oies, chèvres naines. — Apiculture : après une perte massive d’abeilles, l’activité se réorganise autour de cinq ruches, avec l’appui d’une structure partenaire.

Un lieu d’expériences ludiques. Le jardin offre aussi des activités libres : courir dans la petite forêt à l’entrée, se perdre dans le labyrinthe, tester le « chemin va-nupieds » aux textures variées.

Les composteurs installés le long de la rue sont toujours actifs, et une nouveauté a vu le jour : un grand vermicarium, outil pédagogique sur le rôle essentiel des vers de terre dans la fertilité des sols.

Chaque samedi après-midi, une buvette à l’entrée du jardin, tenue par les personnes en CDDI, permet aux habitants du quartier de partager un moment convivial. Chaque saison, un événement est organisé au jardin de Chlorophylle.

Un grand projet pour l’automne. L’un des chantiers majeurs à venir concerne la mare, aujourd’hui envahie par les roseaux et phragmites, qui a perdu sa biodiversité. Tout sera à refaire : couper, retirer l’ancien géotextile, creuser, remodeler… pour lui redonner vie. Un projet que nous suivrons pas à pas, jusqu’à sa renaissance.

Informations : jardindechlrophylle@grandanglesiae.fr

Rencontre du 9 juillet 2025 à la Chaufferie 

Nous étions une vingtaine de participants accueillis chez les Saprophytes, tiers lieu très convivial à Hellemmes pour rencontrer Marie Fiers de l’AFAUP – Association Française de l’Agriculture Urbaine – venue en Métropole Européenne de Lille pour présenter les nouvelles orientations du réseau AFAUP dans le cadre des élections municipales 2026.

En 2025, le succès des 48h a été au rendez-vous car les habitants des différentes villes partenaires viennent en nombre avec leurs enfants découvrir les jardins dans une optique plutôt de loisirs que d’engagements de soutiens. Or, l’objectif majeur de ces rencontres annuelles est d’informer de la fragilité de la plupart des jardins qui reposent trop sur l’engagement tout au long de l’année de leurs responsables qui, pratiquement tous, connaissent des difficultés pour mener à bien leurs projets. L’utilité des jardins en villes, les liens sociaux qu’ils favorisent ne sont plus à prouver mais néanmoins les problèmes financiers sont tels que certaines structures risquent de disparaître alors, qu’au contraire, elles devraient se démultiplier dans un contexte de nécessité de privilégier les circuits courts, le bien manger et le renforcement des liens sociaux.

Cette situation avait été évoquée en 2024 et il avait été décidé de rédiger pour la version 2025 des 48h un manifeste pour dénoncer la précarité des structures liée à la nécessité de renouveler chaque année les contrats qui leur permettent de fonctionner. Il est prêt pour informer et alerter les futurs candidats aux élections municipales de 2026 sur les dangers de situations qui vont à l’inverse des transitions à mettre en place pour ralentir les impacts du changement climatique et leur proposer des pistes concrètes pour que les jardins perdurent et se multiplient.

2026 : c’est donc le moment d’agir en invitant les candidats dans le plus grand nombre de communes possible, à prendre connaissance de la situation et à signer le manifeste en s’engageant sur telle ou telle des dix propositions évoquées. La dynamique agriculture en ville ne demande qu’à se développer mais la grande majorité des porteurs de projet est trop silencieuse, écrasée par des contraintes journalières qui prennent le dessus alors que le réseau s’amplifie, que les innovations sont permanentes et ne demandent qu’à être partagées : la campagne électorale est un tremplin précieux pour un développement pérenne à long terme. 

Téléchagez le manifeste sur

https://www.afaup.org/ le-manifeste-de-l-agriculture-urbaine/

Rencontre conviviale  dans le cadre des 10 ans des 48h de l’agriculture en ville 

Anita Villers

Samuel Leuchter-Genin

Dans le cadre des 10 ans des 48h de l’agriculture en ville dont l’édition 2025 se tiendra du 16 au 18 mai, nous avons l’opportunité de donner à cet événement européen une dimension collective que nous aimerions évoquer avec vous.

Chaque année à l’occasion des 48h de l’agriculture urbaine, de nombreuses animations et ateliers sont préparés par un nombre croissant de fermes et de jardins. Si leur fréquentation est à la hauteur pour la plupart grâce aux services de proximité qu’ils assurent, ces mêmes fermes et jardins sont régulièrement menacés par les choix d’artificialisation et de transformation du territoire.

Et si nous en profitions pour réfléchir à une nouvelle étape de ce récit, avec toute la diversité des jardins partagés, ouvriers, fermes urbaines participatives et professionnelles, en faisant de cet événement un moment de plaidoyer collectif et joyeux.

Nous vous présenterons le manifeste qui est en cours d’élaboration par l’Association Française d’Agriculture Urbaine Professionnelle (AFAUP) pour évoquer le devenir de ces précieux lieux nourriciers ayant presque tous les mêmes difficultés à surmonter à savoir :

  • Précarité des terres prêtées face aux appétits immobiliers ;
  • Qualité des sols ;
  • Moyens financiers pour permettre aussi le maintien des ateliers et rencontres qui tissent des liens entre générations à travers tous les territoires concernés.

Puis nous aborderons les solutions concrètes à notre disposition pour relier ces pro-jets de territoire et l’accès de chacun à des espaces de nature vers une alimentation choisie et de qualité :

  • Et si nous imaginions de petits banquets populaires, dans chaque jardin et dans chaque espace collectif de nature en ville, comme un premier moment collectif dédié à la rencontre autour de ce plaidoyer commun ?

Nous vous proposons une rencontre conviviale et délicieuse, pour évoquer cette orientation et réfléchir à la portée d’une parole collective autour de la nécessité de donner une place aux fermes et jardins sur le territoire métropolitain.

Jeudi 17 avril 2025 de 12h à 15h

pour déjeuner ensemble à prix libre à la Marmite de El’Cagette, entrée 78 rue Descartes,

entrée par la Rue Salomon de Caus, 59100 Roubaix

Nous sommes impatient-e-s de vous rencontrer pour évoquer les premiers jalons d’un projet positif d’ampleur nationale, traduit à en ce qui nous concerne pour le voir naître avec nos réalités et ressources sur le territoire métropolitain. 

Merci de vous inscrire à l’aide du formulaire ci-dessous avant le 14 avril.

La lutte se poursuit pour le maintien des jardins familiaux, rue des Martyrs à Tourcoing

Sa survie était menacée par un projet immobilier. Qu’en est-il aujourd’hui ? La parole à Naziha Khenouchi très déterminée à mener la lutte jusqu’au bout pour maintenir ce havre de verdure et de lien au sein du quartier dit « du Pont Rompu » dont la réouverture est tellement souhaitée par les riverains !

« Suite à la mobilisation du collectif Défense des jardins à Tourcoing contre le projet de zone commerciale et grâce au travail de Me Ruef, la maire de Tourcoing, Madame Bécue, a affirmé publiquement «tout faire (…) pour bloquer ce projet». En effet, le 5 mars 2022, l’ensemble du conseil municipal, a décidé de protéger les jardins et toujours en mars 2022, le permis de construire a été annulé pour non-réalisation des travaux prévus, ce qui le rendait caduc. De même, l’application de l’indice «Jardins Familiaux» sur toute la surface du terrain a été proposée.

Mais c’était trop beau pour être vrai puisque, même si le nouveau Plan Local d’Urbanisme de la Métropole Européenne de Lille, voté en juin 2024, accordait bien cette protection, la mairie a décidé, sans en informer quiconque, d’accorder un permis modificatif au même promoteur ! Et ce, 3 jours avant le 18 octobre 2024, date de l’entrée en vigueur du PLU, coupant ainsi court à toute possibilité d’organiser une contestation.

Quid du permis caduc ? L’arrêté de caducité a tout simplement été abrogé. Pour justifier ce revirement, la Ville de Tourcoing affirme qu’en guise de compensation, les jardins seront délocalisés, un projet datant de 2015 et qui n’a jamais vu le jour…

Enfin, si, rue des Martyrs, le projet comporte un petit espace de jardins -ce qui ne contente pas les habitants- il reste qu’il entraînera a fortiori de nouvelles nuisances pour les riverains (pollutions environnementales, visuelles, olfactives ; déchets).

Le combat du Collectif continue donc et reprend de plus belle. Avec les habitants, vent debout contre le projet, il entend lancer des recours juridiques pour empêcher la destruction du seul espace de nature dans ce quartier populaire ». A suivre bien sûr !

Échos de l’événement national des 25-26 mai – 48h de l’agriculture en ville 2024

C’est le portrait réalisé en 2023 qui a donné envie aux membres du Bizardin situé à Fives de participer à l’édition 2024 et de s’y inscrire via le vaste programme de la Ville de Lille. Les membres de l’association EDA ont participé à la visite guidée des mares, inattendues au sein de ce jardin, intéressantes de par la biodiversité qu’elles génèrent. Le pique-nique très convivial au sein du jardin sous un soleil rare cette année a permis de sympathiques échanges avec les divers visiteurs !

Anaïs MATHIEU étudiante, stagiaire au sein de l’association EDA

Anaïs a été accueillie du 15 mai au 15 juin 2024 pour un stage destiné à s’initier à l’importance de l’engagement citoyen et le rôle des associations au sein de commissions consultatives telles celles concernant l’importance de la ressource en eau potable ou la gestion des déchets ménagers.

Outre son immersion au cœur de l’événement 48h de l’agriculture en ville, Anaïs a visité Triselec à Halluin et recueilli des informations concernant le volet insertion très important au sein de cette entreprise. Elle a parcouru à vélo les champs captant du Sud de Lille lors d’une visite organisée par Hélène Allée de l’association Entrelianes. Elle a aussi participé à Bousbecque à la réunion GEMAPI – Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations – instance dont fait partie EDA en tant que représentante du SAGE Marque-Deûle – Schéma d’Aména- gement et de Gestion des Eaux – autre volet de la gestion des masses d’eau au sein des territoires. Un mois à la découverte de quelques-uns de nos engagements depuis plus de trente ans.

L’intérêt très positif manifesté par Anaïs lors de cette courte immersion concrétise l’importance de rencontres dédiées au passage de relais !

Parole à Anaïs MATHIEU étudiante BUT – Université de Reims présente à Lille pendant les 48h.

« Dans le cadre de mon stage dans l’association Environnement et Développement Alternatif, j’ai eu la chance de visiter, le 24 mai dernier, la Fabrique de l’emploi de Loos et la ferme urbaine de Concorde à Lille à l’occasion des 48 heures de l’agriculture urbaine.

La Fabrique de l’emploi est une entreprise à but d’insertion et une association avec trois sites : à Loos, Haubourdin et Tourcoing. Cette structure a été créée en 2017 à la suite de la mise en place du dispositif « Zéro chômeur longue durée ». Elle poursuit l’objectif de favoriser l’insertion professionnelle de personnes très éloignées du monde du travail en leur proposant des CDI sans exiger de qualification particulière. Le fait de leur proposer des CDI et non des CDDI (Contrat à Durée Déterminée d’Insertion), comme dans la plupart des entreprises d’insertion, est un avantage pour les individus ayant du mal à travailler dans des emplois plus conventionnels.

Les salariés de la Fabrique de l’emploi peuvent travailler sur différents pôles. Sur le site de Loos que j’ai visité, on y trouve des activités variées. Il y a une boutique/friperie, où des vêtements de seconde main et différents biens sont mis en vente, dont des articles confectionnés par les petites fées. Les petites fées sont les couturières de la Fabrique de l’emploi qui travaillent à l’arrière-boutique. Elles créent des articles sur mesure, peuvent également réparer des vêtements abîmés ou confectionner leurs propres modèles. Juste à côté de l’atelier couture se trouvent les bureaux ; au fond, il y a un atelier de menuiserie. Une ressourcerie est également mise en place et permet de fournir en partie en tissu et en bois la menuiserie et l’atelier des petites fées.

La Fabrique de l’emploi fait également de l’agriculture urbaine avec du maraîchage et une pépinière dans le quartier des Oliveaux, suivant le dispositif « Quartiers fertiles » qui soutient le développement de l’agriculture urbaine dans les quartiers prioritaires présents sur le territoire de la MEL. La Fabrique de l’emploi a également mis en place une épicerie solidaire avec l’entreprise à but d’insertion « La Pioche » dans les locaux de l’église Sainte Trinité. De nombreux événements, notamment de médiation, sont également organisés.

La ferme de Concorde a été créée en 2022 en s’inscrivant dans le renouvellement urbain du quartier Concorde. La ferme urbaine de Concorde est également un chantier à but d’insertion qui embauche des salariés en CDDI pour quelques mois, leur permettant de se confronter au monde du travail avec comme objectif d’obtenir par la suite un CDI dans une autre structure. La ferme urbaine dispose d’une grande serre et propose des fruits et légumes variés en fonction des saisons. Une fois par semaine, le mercredi après-midi, a lieu la vente directe de fruits et légumes et de paniers. Des jardins familiaux ont également été créés en même temps que la serre. Les objectifs de la ferme de Concorde sont de produire des fruits et légumes et de les vendre aux habitants du quartier, de créer des emplois, d’encourager une alimentation plus saine, et de relier davantage les citoyens à la terre.

Ces dispositifs sont inclusifs et permettent de réduire le chômage tout en favorisant le lien social entre les salariés et également les habitants des quartiers. En outre d’être solidaires, ils s’inscrivent également dans une dynamique écologique en favorisant les circuits courts et la réutilisation/ récupération. Ainsi, la Fabrique de l’emploi et la ferme de Concorde sont de par– faits exemples de structures s’inscrivant dans le développement durable et sont, à mon sens, à encourager et à généraliser. La visite de ces lieux fut pour moi une expérience très enrichissante et intéressante, montrant qu’un monde alternatif est possible. »

Portrait de la ferme urbaine du Trichon à Roubaix

En 2009 les statuts du projet Baraka sont déposés : il s’agira d’une société coopéra- tive d’intérêt collectif. Son slogan est clair : « une utopie de quartier».

Après pas mal de déboires, dont un grave incendie, mais, porté par de nombreux soutiens, le restaurant ouvre enfin en 2012 ! Baraka deviendra un «tiers-lieu de la transition » : coworking, restau-self, location de salles, location des espaces pro (cuisine et salle) à des tiers.

Juste en face du 20 rue de Sébastopol, 1300m2 sont inutilisés. Il s’agit du parking de l’université des langues étrangères appliquées qui a déménagé en 2017.

Les négociations engagées avec la ville de Roubaix, propriétaire des lieux, permettent d’installer « temporairement » des terrasses (la terrasse de Baraka) dans cet espace clos où subsistent de magnifiques cerisiers du Japon mais aussi des plantes invasives, surtout la renouée du Japon qui nécessitera plusieurs années d’efforts pour réussir à l’éradiquer.

Vincent Boutry président de l’université populaire citoyenne, l’association Cense de la Tossée qui n’a pas pu concrétiser son projet dans le quartier en devenir de l’Union – Roubaix-Tourcoing-Wattrelos, Pierre Wolf et d’autres partenaires se mobilisent pour que cet ancien parking puisse accueillir des bacs pour cultures hors sols, accessibles aux habitants du quartier. La ferme urbaine du Trichon devient un espace dédié à des jardins partagés.

S’engager dans la transition écologique, sensibiliser aux enjeux du change- ment climatique, développer la prise de conscience de la nécessité de modifier les comportements de consommation, donner l’envie de se préparer au monde de demain en s’initiant à quelque chose qui fait sens, qui recréée du lien : pour ce faire, quoi de mieux qu’apprendre à jardiner au sein de son quartier : tel est l’objectif dorénavant poursuivi.

En 2016, Juliette Lamy, bénévole dès la création du jardin partagé, anime le lieu chaque vendredi en dialoguant avec les habitants. Les bacs hors sols sont confectionnés sur place et dès l’automne 2016 une fête est organisée pour déguster les premières récoltes. En 2017 le collectif des paysans du Trichon se mue en association avec un objectif beaucoup plus ambitieux : investir les 6300m2 de friches qui jouxtent le parking. Ils appartiennent à la Métropole Européenne de Lille MEL et font l’objet d’une concession de la SEM Ville renouvelée en vue d’un projet immobilier. Il n’a pu se concrétiser du fait de la présence d’un long mur qui contourne le terrain, mur inscrit apparemment sur la liste complémentaire des architectes du patrimoine et qui, ne pouvant être détruit, rend le chantier et les futures habitations inaccessibles.

Porté par les mêmes partenaires que ceux de la ferme du Trichon, le projet d’occuper ces 6300m2 pour les dédier à de l’auto-récolte pour les habitants riverains correspond à l’orientation des élus de Roubaix Ville nourricière.

En 2018, des négociations s’engagent avec la MEL qui accepte de dépolluer les espaces surtout contaminés par des hydrocarbures : 50 cm de sol sont enlevés et sont remplacés par du limon profond, une terre qui se révèle hélas stérile. Des crédits sont accordés pour reconstituer un sol vivant à partir de compost, fumier de cheval, engrais verts mais aussi avec une démarche R&D confiée à des scientifiques de trois laboratoires l’ULCO de Dunkerque, Junia, le Laboratoire génie civil et géo-environnement (LGCgE) de l’Université de Lille et le bureau d’étude EACM (Environnement, Aménagement, Carrières et Métaux) pour assurer le suivi des récoltes de trois potagers expérimentaux : mêmes légumes mais sur sol pollué, sur sol initial et sol stérile pour comparaison.

Grâce au marché de recherche et développement signé avec la MEL pour reconstituer un sol vivant, Juliette Lamy est embauchée à partir de 2022 pour accroître l’animation du lieu et gérer le volet social, ainsi qu’un maraîcher pour gérer les espaces jardinés.

Hélas le marché accordé par la MEL se termine fin 2024 sans perspective de renouvellement.

L’urgence est donc d’envisager une suite en réfléchissant à un nouveau projet, plus large que celui d’une simple production maraîchère, à proposer à d’autres financeurs. Les objectifs initiaux restent les mêmes : donner envie, faire avec les habitants en toute transparence grâce à la poursuite de réunions hebdomadaires précieuses pour maintenir des liens solides basés sur « le faire ensemble » mais avec d’autres objectifs permettant la pérennité d’un projet plus ambitieux car plus diversifié : un réel défi à relever pour les responsables!

Comme lors de notre soutien financier au moment du lancement du projet Baraka en tant que restaurant, notre rôle reste très modeste pour soutenir le nouveau projet. Ce portrait est un jalon pour en élargir la connaissance. La proposition d’organiser à l’automne une rencontre en présence de tous les membres de notre réseau « des portraits des porteurs des projets d’agriculture en ville » en sera un autre. Nous entendons bien-sûr suivre l’évolution d’une démarche complexe et fragile!

Le jardin éphémère du parc St-Sauveur à LILLE

Florence Cousson a adhéré fin 2017 au collectif Fête la friche (créée en novembre 2015), ayant pour but de faire découvrir aux Lillois toute la beauté et les possibilités de la friche St Sauveur et de son belvédère. Afin d’obtenir un pouvoir juridique permettant d’attaquer tout le projet de bétonisation du site, il a été décidé de créer l’association PARC St-Sauveur : Protection Aménagement Réappropriation Collective du site Saint Sauveur et son Belvédère

Par le biais de la coprésidente, l’association Planteurs Volontaires a proposé 250 arbres. Il a alors été décidé de créer un événement festif pour les planter et annoncer la décision de la création de l’association PARC St-Sauveur en mars 2018.

Lors de cette plantation festive à laquelle de nombreuses personnes ont participé, Florence a de suite été séduite par le potentiel de ce vaste espace autour du lieu-dit Le Belvédère tout proche des immeubles de la porte de Valenciennes, lieu juste fauché deux fois par an par la ville de Lille pour développer la biodiversité. Les nombreux plants de petits arbres fruitiers et autres essences offerts ont alors été répartis dans la vaste prairie où, à force d’observation, elle y avait découvert une centaine d’orchidées sauvages Ophrys Apifera dont la présence était tout à fait inattendue. Elle s’est alors rapprochée du Conservatoire de Bailleul pour que leur présence soit répertoriée et donc officialisée.

Lorsque la végétation a grandi, les petits arbres étaient devenus vulnérables car difficiles à repérer. Florence a alors imaginé, sur les conseils d’un ami, de les « libérer » en fauchant les hautes herbes et floraisons aussi bien autour de ceux qui étaient isolés qu’autour de petits groupes d’arbustes. Pour que ces petits espaces perdurent, ont alors été aménagés et entourés de petites branches tressées pour en délimiter la surface, des petits jardins potagers ou des petites surfaces semées de multiples graines de fleurs, plantes aromatiques …

En 2019 un second don de 250 arbres de l’association Planteurs Volontaires a permis une nouvelle plantation festive et populaire sur un autre espace du parc du Belvédère.

La période du confinement a été propice pour entretenir ces nombreux petits espaces jardinés ou en créer de nouveaux car Florence n’a eu de cesse d’inciter les promeneurs à créer leur petit potager pour protéger les petits arbres. C’est ainsi que 12 petits potagers sont nés en plus de ceux créés par Florence en 2020 et 2021.

La récompense a été au rendez-vous car des floraisons de toutes sortes sont apparues. Par contre pour les fraises ou petits légumes ils ont plutôt régalé les nombreux petits rongeurs présents sur le site !

A nouveau de très beaux reliquats de plants d’arbres ont été offerts, cette fois par l’association Extinction Rébellion, surplus d’une plantation réalisée en plusieurs endroits du territoire métropolitain. Ils sont donc venus amplifier le potentiel déjà en place. D’autres petits plants d’arbres de l’association Les Saprophytes en mauvais état par contre car ayant séjourné trop longtemps les racines à l’air en attente de plantation ont été donnés. Tous ont été plantés et particulièrement soignés par Florence et certains ont repris. Elle a tiré beaucoup de plaisir en aménageant progressivement les espaces avec des créations originales tressées, en ajoutant une serre, une pergola grâce à Jérémie, bricoleur et jardinier passionné. La fierté des planteurs : un orme qui a déjà atteint une belle taille et qui est toujours présent tout comme la magnifique floraison de la vaste prairie en été que l’on l’aperçoit du métro aérien et qui passe justement à proximité !!

Mais.. l’accès à ces plantations proches des futurs espaces dédiés au projet officiel de l’aménagement St-Sauveur, à savoir, la construction d’une piscine olympique à l’horizon 2030 a été interdit suite à des incidents du squat de la friche St-Sauveur et son évacuation. Des grilles infranchissables ont été posées et hélas un bulldozer a détruit toutes les constructions et en partie certains petits jardins. L’orme a été épargné ainsi que la majorité des petits arbres qui avaient pris racine et se développaient. La prairie s’est révélée magnifique cet été car enrichie par les multiples graines semées ici ou là.

Dommage qu’il ne soit plus possible d’y accéder en attendant les travaux car cet espace constituait un havre de verdure et de paix très apprécié par les riverains, une bulle de bien être dans un quartier particulièrement artificialisé !

Lille : découverte du concept BOKASHI ou compostage en ville

Sara et Dylan sont les ambassadeurs à Lille d’une initiative originale qui connaît déjà un certain succès à Toulouse et Bordeaux notamment. Ils se déplacent en vélo-cargo pour déposer chez les adhérents de l’association Récup’ des bio-seaux destinés à être remplis avec les déchets de cuisine à mélanger à des micro-organismes également fournis qui fermenteront en anaérobie c’est à dire sans air d’où l’importance du couvercle. A l’ouverture, seule l’odeur des derniers déchets entreposés est perceptible car le Bokashi, pratique en appartement,  n’émet aucune odeur.

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Wambrechies : une rencontre pour mieux connaître les objectifs locaux de Terre de Liens

Terre de Liens exerce une veille foncière attentive consistant à repérer des terres mobilisables pour des projets agro-écologiques, les faire acquérir par les outils financiers du mouvement (foncière et fondation) pour les soustraire du marché spéculatif et les mettre à disposition d’une nouvelle génération de paysans dans le cadre de baux ruraux environnementaux. Ces terres de plus en plus rares en métropole lilloise sont précieuses pour les maraîchers. Un hectare est une surface suffisante pour qu’un maraîcher puisse vivre de ses productions en approvisionnant les marchés locaux.

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Une initiative de permaculture humaine à Roubaix

Roubaix, ville où l’industrie textile florissante jusqu’au milieu du siècle dernier a laissé place à de vastes espaces à l’abandon après les fermetures successives des usines autour desquelles les quartiers ouvriers s’étaient formés. Dans le quartier du Cul de Four, quartier où le chômage est de l’ordre de 60%, une friche située à proximité de l’école Mère Térésa et du Collège Sainte-Marie est en passe de se transformer grâce à un projet de permaculture humaine. De quoi s’agit-il ?

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Au cœur du jardin du CENTRE SOCIAL LA BUSETTE à LILLE

Caché derrière le centre social La Busette se trouve un jardin partagé en plein cœur de Lille. C’est un jardin collectif respectant l’Homme, les sols et les animaux qui l’occupent. Ce coin de biodiversité à Lille est signe de partage, d’entraide, de convivialité pour les bénévoles. Un petit coin de paradis, tout simplement.

L’initiative est née en 2015, par un collectif de personnes souhaitant amener de la vie et de la chaleur à un terrain laissé à l’abandon. Leurs pratiques de cultures s’inspirent des principes de la permaculture. La permaculture est une véritable éthique prenant en compte la nature, l’être humain et le principe de partage équitable. Pour permettre de limiter tout perte d’énergie ou de gaspillage, chaque chose à sa place, il est vraiment question d’optimisation.

Le but du jardin du Centre Social de La Busette était de rendre le terrain de la ville de Lille convivial en créant du lien avec les personnes habitants dans le centre de Lille, toutes générations confondues. L’aspect du partage des ressources apportées par les récoltes du jardin mais également par les bénévoles grâce à leurs savoirs correspondait à l’objectif principal.

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Le projet de ferme urbaine au Fort de Mons-en-Baroeul

Fleuron de l’architecture militaire, le fort de Mons-en-Baroeul a été magnifiquement restauré en 2004 dans le cadre de Lille capitale européenne de la culture. Dès lors, il est devenu un lieu de partages de cultures et d’émotions où se retrouvent les amateurs de patrimoine, des arts et des lettres, de concerts… et d’espace naturel. Il connait une fréquentation en constante augmentation grâce aux divers équipements dont il est doté.  Il y reste de vastes espaces non utilisés aujourd’hui, deux cours, des tunnels, en plus, éventuellement, les douves et, à l’extérieur du Fort, les espaces dits « la plaine du Fort ».

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Le bonheur est dans le « Pré »

Quand je me suis installée dans le quartier, je ne l’ai pas tout de suite repéré… Il faut dire que ce jardin porte bien son nom !

« Muché », derrière l’église Saint Maurice des Champs, le jardin communautaire du Pré Muché dans le quartier lillois de St Maurice Pellevoisin est une petite oasis en plein cœur de ville, dans laquelle on se sent tout de suite bien dès lors que l’on sait où le trouver!

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